Le rendimiento des obligations américaines à 30 ans a atteint un niveau historique
Le 14 août, le rendement à 30 ans a clôturé à 5,25 %, son plus haut de l’année. Ce chiffre a de quoi donner le vertige, car il est le plus élevé depuis 2007, l’année qui a précédé la crise financière mondiale.
Les géants de l’intelligence artificiale empruntent à un rythme qui bouscule tout le marché obligataire
Selon les économistes de Bank of America, environ 0,3 point de cette hausse s’explique par la seule offre de dette d’entreprise et de crédit immobilier. Sur le 10 ans, cette offre nouvelle expliquerait à elle seule près de 60 % du mouvement observé depuis janvier.
Le déficit fédéral américain atteint 1 800 milliards de dollars
Washington n’emprunte donc pas moins. Il emprunte simplement dans un marché de plus en plus encombré. Le déficit fédéral américain a atteint 1 800 milliards de dollars sur les dix premiers mois de l’exercice budgétaire 2026, soit 169 milliards de plus que l’an dernier selon le Congressional Budget Office.
Les hyperscalers empruntent à un rythme qui dépasse le Trésor
Nomura Securities estime que l’emprunt de la tech équivaut aujourd’hui à environ 25 % des ventes nettes d’obligations du Trésor aux investisseurs privés. Il y a un an, ce ratio était cinq fois plus faible.
Le short squeeze spectaculaire de Bitcoin
Bitcoin a bondi jusqu’à 75 750 dollars vendredi en séance asiatique, porté par un short squeeze spectaculaire et une détente temporaire des rendements longs. Mais Barclays a chiffré la limite de l’exercice : le déplacement de Bessent vers plus de dette courte réduirait l’offre nette d’obligations longues d’environ 440 milliards de dollars cette année.
Le marché crypto sous pression
Le mécanisme de fond reste toujours le même. Une obligation verse un coupon. Bitcoin, non. Quand un investisseur peut empêcher 6 % ou 7 % chez Alphabet ou Meta, deux des entreprises les plus rentables au monde, Bitcoin doit battre ce rendement rien que pour rester compétitif face au cash qui dort.
La rareté de Bitcoin repose sur l’idée que l’endettement perpétuel des États finira par pousser les investisseurs vers des actifs non dilutifs
Mais cet argument n’a pas payé. L’or a capté l’essentiel de cette demande, pas Bitcoin. Le sursaut du 21 août change la tendance de la semaine, pas nécessairement celle de l’année.
Les prochaines adjudications d’obligations longues du Trésor américain diront si les acheteurs ont vraiment de la place pour financer à la fois Washington et la Silicon Valley
En attendant, la dette publique américaine a déjà franchi les 40 000 milliards de dollars le 20 août, un jour avant que Bitcoin ne repasse au-dessus de 75 000 dollars.
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